Témoignage de Céline

En ne réussissant pas comme je le souhaitais mon premier allaitement, je partais avec des aprioris pour le deuxième. Maman de deux enfants, je suis le bon exemple pour affirmer que chaque allaitement est différent !

Charlie : allaitement n°1

Charlie est ma première. Avec elle je suis devenue Maman. Sa Maman. Un nouveau rôle que je découvrais avec elle. Et avec elle, je découvrais l’allaitement. Je ne m’étais pas informée plus que la préparation à la naissance. A la maternité, quand on m’a posé la fameuse question « Vous souhaitez allaiter ? » j’ai répondu «Oui pourquoi pas, si ça fonctionne ! ». J’avais envie d’essayer mais sans me prendre la tête.
Sauf que je me suis pris la tête ! A la maternité, Charlie dormait beaucoup, on me disait de la réveiller pour la faire téter. Au bout de trois minutes elle s’endormait au sein. Alors je la stimulais en lui caressant le pied, le crâne, sous le menton, je la mettais en boddie… bref des tétées pas très sereines. Puis on a mis en place le DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation).

Retour à la maison

En sortant de la maternité, rien n’était vraiment mis en place. À la maison je n’avais plus le matériel pour le DAL, Charlie s’endormait toujours au sein et elle hurlait de faim. A tout ça s’ajoutait la pression de la courbe de poids ! J’étais obnubilée par son poids.

Je me rappelle d’une nuit à 3 heures du matin, moi lui donnant la tétée et son Papa à la recherche d’informations sur Internet… Internet c’est bien mais quelles infos prendre ? Nous ne savions pas trop vers qui nous tourner. La sage-femme qui me suivait était plutôt déculpabilisante, en me disant qu’il valait mieux donner un biberon avec sérénité plutôt qu’une tétée stressée… Là-dessus je la rejoins et suis d’accord avec elle.
Mais une fois Charlie née, je voulais vraiment arriver à l’allaiter. Alors que je ne mettais pas donné d’objectif particulier au départ. Pourquoi ? Je ne sais pas ! Pour être une « bonne mère » ? Parce que beaucoup de femmes y arrivent et que tout le monde te dit « c’est naturel, il ne faut pas se prendre la tête ! ». Oui mais moi, je n’y arrivais pas et je me prenais la tête !
On a mis en place le tire-lait. Je donnais la tétée et après je tirais mon lait. Mais au bout de 30 minutes à tirer il n’y avait que 15 à 20 millilitres… ma fille avait faim ! Ça je le savais ! Je passais mon temps entre les tétées en lui gratouillant le pied et le tire-lait ! Plus les soucis familiaux à gérer… J’étais complètement stressée et avais le sentiment d’être une mauvaise mère et de mal accueillir ma fille.

Arrêter l’allaitement : décision difficile à prendre

Un jour, d’épuisement, en larmes et pleine de culpabilité, j’ai décidé avec son Papa, d’arrêter et de donner des biberons. Ça été dur. Mais voilà je n’avais pas la solution. Et puis ensuite ça a fonctionné comme ça. Tout s’est détendu. Mon allaitement a duré moins d’un mois.

5 ans plus tard…

Lors d’une visite chez l’orthodondiste pour faire un point bucco-dentaire pour Charlie (5 ans et demi à ce moment là), je m’entends dire qu’elle a un petit frein de langue « mais sans importance ».
Sans importance aujourd’hui, oui ! Mais surement important pour son allaitement raté ! Tout de suite je me suis dis que Charlie avait peut-être du mal à téter à cause de ce petit frein de langue « sans importance ». Et que c’était peut-être ça la réponse que nous n’avions pas trouvée quelques années plus tôt. Et savoir ça aujourd’hui, me met en colère. On est peut-être passé à côté de notre solution…

Le bon côté c’est que les proches peuvent donner le biberon
avec plaisir !

Ca aura servit à quelque chose

Ce que j’ai vécu comme un échec, j’ai tout de même réussi à le transformer en positif. Cette expérience, entre autres formations et rencontres, m’a beaucoup aidé lorsque j’accompagnais, en tant qu’auxiliaire de puériculture en maternité, les mamans avec leur projet d’allaitement ou non. Avec mes bagages et beaucoup d’empathie j’ai pu aider de nombreuses mamans à lancer leur allaitement et j’espère, à se faire confiance une fois chez elles. C’est un pur bonheur quand les familles repartent avec leur bébé dans les bras, en nous remerciant pour notre patience, notre écoute lors de leur séjour en maternité. Il faut savoir que peu de professionnels sont formés à l’allaitement.
Chacun conseille avec son expérience…

Haoni : allaitement n°2

Pour mon fils ça été totalement différent.
Avant de l’avoir j’ai fait ma formation d’auxiliaire, rencontré des conseillères en lactation, accompagné de nombreuses mères dans leur début d’allaitement… et arrêté prématurément mon premier !
Avec lui, l’allaitement a commencé comme pour Charlie. En me disant « J’essaye et je verrais bien ». J’ai tout fait à la maternité pour éviter la fameuse chute de poids et la pression des professionnels face cela. Vous savez la fameuse barre des -10% !
Après chaque tétée, je lui donnais du colostrum à la cuillère (que j’avais emportée dans ma valise). Tout allait bien. Nous sommes rentrés à la maison un jour avant.

A la maternité

Les mots qui rassurent

Puis, lors d’une des pesées hebdomadaires chez la sage-femme, elle semblait un peu inquiète. Alors que pour moi tout allait bien côté allaitement. Je lui donnais à la demande.
Elle nous a demandé de bien l’habiller (pour éviter que son corps ne consomme trop d’énergie pour maintenir sa température à 37°C) et de lui donner la tétée bien régulièrement. Rendez-vous prit la semaine suivante, pour une pesée de contrôle. Et bien nous avons passé un week-end à contrôler chaque tétée, en stressant…
Le lundi de retour au cabinet, c’est sa remplaçante qui nous reçoit. Je lui explique et là elle me dit « Olala ! Mais alors moi je ne suis pas une stressée du poids et votre fils a l’air de bien se porter ! ». Elle le pèse, l’ausculte et l’observe… tout allait bien.
Je suis repartie soulagée et nous avons poursuivi notre allaitement sans se prendre la tête.

Allaiter en travaillant

La rentrée approchant la question du sevrage se posait. Et je n’avais pas envie d’avoir cette contrainte. Mais je me posais plein de questions. Comment s’organiser avec l’assistante maternelle ? Biberon ou pas biberon ? Comment conserver le lait ? Comment tirer mon lait à la boutique ? Allais-je avoir encore suffisamment de lait si Haoni ne tète plus la journée ?… J’ai lu un livre sur le sujet et puis on a fait au feeling !
Je tirais mon lait, donnais ce que j’avais à son assistante maternelle qui lui donnait dans une tasse. Il tétait le matin, le soir et la nuit. Et puis au fur et à mesure j’ai arrêté de tirer mon lait. La lactation a suivie le rythme de notre nouvelle vie et des tétées d’Haoni.
Aujourd’hui il a 17 mois et demande encore au réveil, en fin de journée quand on se retrouve et avant de dormir. Puis selon son envie lors des journées où nous sommes ensemble.

AUjourd’hui !

Quand on se plante on pousse !

Finalement cet allaitement est instinctif et suit son cours au jour le jour. Je voulais faire 3 mois, puis 6 et puis on en est à 17 mois. En parallèle, il boit du lait végétal et mange beaucoup de yaourt. Ça me rassure car je sais que je n’ai pas une grande quantité de lait. Il y a aussi beaucoup de tétées câlins, pour se rassurer, se consoler. Je ne sais pas quand ça s’arrêtera définitivement. On verra bien…

Ce que je sais c’est que pour allaiter il faut être sereine. Soit on l’a en soi et ça roule. Soit il faut être bien entourée et aller chercher les réponses à nos questions, nos doutes… chez les bonnes personnes (conseillères en lactation, Letche League…), s’écouter soi, se faire confiance et faire confiance à son bébé. Et quand au choix de allaitement ou du biberon, il est propre à chacune. Faire son choix par rapport à soi et à son bébé et non par rapport aux autres !

Et suivez les guides : votre enfant… et vous !

Céline

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